Présidentielle 2027 : Attal sonne l’alerte et prépare le front républicain
Un second tour entre LFI et le RN ? « Je ne veux pas de cela pour la France », prévient Gabriel Attal. Derrière cette formule, une mécanique politique se met en place.
En résumé : 3 points clés
Gabriel Attal (ancien Premier ministre, président du groupe EPR à l’Assemblée) déclare qu’un rassemblement des forces démocratiques serait « impérieux » en cas de risque de second tour entre La France insoumise (LFI) et le Rassemblement national (RN) en 2027.
Un comité de liaison a été mis en place avec Édouard Philippe pour anticiper cette hypothèse, travailler sur le calendrier et les conditions d’une union, sans exclure une primaire.
Attal réagit aussi à la démission d’Élisabeth Borne du Conseil national de Renaissance, qui lance sa propre structure, « Bâtissons ensemble », pour rassembler « au-delà des partis ».
Les faits : un front républicain en construction
Ce jeudi 7 mai 2026, Gabriel Attal a martelé sur franceinfo : « Ce qui rendra un rassemblement impérieux, c’est si, effectivement, il y a un risque de deuxième tour entre LFI et le RN. » Interrogé sur une éventuelle alliance avec Édouard Philippe en vue de la présidentielle de 2027, l’ancien Premier ministre a détaillé l’existence d’un comité de liaison réunissant des représentants des deux hommes. « Ils discutent et échangent sur la stratégie à adopter, sur le calendrier, sur les conditions dans lesquelles ce rassemblement serait absolument nécessaire », a-t-il précisé, ajoutant que « ce qu’il se passerait dans ce cas-là » fait aussi partie des réflexions en cours.
Attal n’a pas fermé la porte à une primaire, une première dans le paysage politique macroniste, où les divisions internes (illustrées par la démission d’Élisabeth Borne, qui quitte Renaissance pour monter sa propre structure) compliquent la tâche. « Elle fait le choix aujourd’hui de créer sa propre structure, c’est son droit », a-t-il commenté, soulignant que sa priorité reste d’éviter un duel entre les extrêmes.
Analyse :
La mécanique du front républicain se précise, mais les ego en jeu pourraient en rayons la route.
Gabriel Attal ne se contente pas de brandir la menace d’un second tour LFI-RN : il anticipe. Le comité de liaison avec Édouard Philippe n’est pas un simple coup de communication. C’est l’aveu que, sans union des modérés, le centre et la droite pourraient se retrouver marginalisés face à une gauche radicale et une extrême droite en embuscade. Les municipales de 2026 ont déjà montré la progression inquiétante du RN et de LFI, tandis que Renaissance, malgré des victoires locales, peine à fédérer au-delà de son socle.
Pourtant, l’exercice est périlleux. Élisabeth Borne a choisi la dissidence, et d’autres suivront peut-être. La question n’est plus seulement comment rassembler, mais autour de qui ? Attal et Philippe incarnent deux lignes distinctes : l’un, héritier du macronisme social-libéral ; l’autre, figure d’une droite plus classique. Leur alliance suppose des compromis douloureux sur le fond (fiscalité, immigration, Europe) et sur la forme (qui mènerait la liste ?).
Surtout, cette stratégie pose un dilemme démocratique : un front républicain a posteriori (après le 1er tour) est-il crédible, ou faut-il construire une plateforme commune dès maintenant ? Les électeurs, eux, attendent des réponses claires, pas des comités de liaison en coulisses.
Question :
Et si le vrai risque, pour les modérés, n’était pas le second tour LFI-RN… mais leur propre incapacité à s’unir avant qu’il ne soit trop tard ?


